Georges Desmeules


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Georges Desmeules enseigne la littérature au Cégep de Sherbrooke. Il a publié plusieurs essais sur la littérature québécoise et sur la mythologie, dont Les mythes littéraires. Épopées homériques, ainsi que deux romans, Le projet Syracuse et Prophète de hasard.







Vanessa Courville, Georges Desmeules et Christiane Lahaie (dir.), Les territoires imaginaires. Lieu et mythe dans littérature québécoise, essai, « Réflexion », janvier 2018, 206 p., 27 $. ISBN : 978-2-89763-048-5 (édition papier)• 978-2-89763-049-2 (édition numérique PDF).

Si la littérature réinvente le monde, c’est tout autant par la représentation d’un territoire ancré dans le quotidien le plus trivial que par la cartographie d’un espace proche de l’utopie. On touche là au paradoxe fondateur et fédérateur des grands récits et des littératures nationales. La littérature québécoise n’y échappe pas. Qu’ils soient créés de toutes pièces ou inspirés de sites réels, les décors de ses fictions ont fini par tracer les contours d’une topographie spécifique, à la fois concrète et évanescente. Ainsi, du Péribonka de Louis Hémon au Plateau Mont-Royal de Michel Tremblay, en passant par le Griffin Creek d’Anne Hébert et le Saint-Élie-de-Caxton de Fred Pellerin, Les territoires imaginaires. Lieu et mythe dans la littérature québécoise explore la manière dont la fiction québécoise s’approprie symboliquement le territoire pour l’élever au rang de mythe.

Textes de Sara Bédard-Goulet, Sébastien Chabot, Stéphanie Chifflet, Maude Deschênes- Pradet, Georges Desmeules, Aubrey D. Jones, Christiane Lahaie, Daniel Poitras, Alice Delphine Tang, Marie-Hélène Voyer, Bertrand Westphal.

Les auteurs à l’étude : Victor-Lévy Beaulieu, Laure Conan, Nicolas Dickner, Fernand Dumont, Anne Hébert, Louis Hémon, Jérôme Lafond, Anne Legault, Catherine Mavrikakis, Fred Pellerin, Jacques Poulin, Esther Rochon, Jocelyne Saucier, Michel Tremblay, Élisabeth Vonarburg.



Georges Desmeules, Prophète de hasard, roman, collection « Réverbération », octobre 2016, 128 p., 23 $. ISBN : 978-2-89763-026-3 (édition papier) • 978-2-89763-027-0 (édition numérique PDF).



« “Nationalité, langues parlées, religion ?” Ses gardes poussent Abel, presque gentiment. Il lui faut réfléchir à sa réponse, alors qu’il n’est même pas sûr de comprendre la question. Personne n’envisage d’exiger qu’on la répète. Au début des migrations sauvages, le Conglomérat avait adopté un sabir composite de volapuk et de novlangue, mâtiné de français international et d’une touche d’esperanto, se souvient vaguement Abel.
— Je suis d’une race qui ne sait pas mourir, je parle français et ne pratique aucune religion, répond-il presque sans hésiter. »

Les changements climatiques ont provoqué le réchauffement de la planète, la montée du niveau des eaux… Dans un avenir à la fois proche et lointain, au Québec, où poussent manguiers, citronniers, palmiers, les grandes crues ont divisé la Capitale. Plus rien ne compte que la survie, dans un monde où une élite s’est approprié la richesse, reléguant la plèbe à cette lointaine banlieue appelée la République.

Nauro, vieux prophète libidineux, a échappé de peu à la mort. Pendant ce temps, son fils, Abel Ritz, chimiste et enquêteur déchu, promène sa carcasse des deux côtés de la rive. Autour de lui gravitent des êtres ambigus dont Frank Sinistra, sordide bluesman occupé à intoxiquer ses semblables. Dans cet univers aux accents volodiniens, seule la loterie nationale intéresse les uns et les autres. Mais Ritz n’a pas renoncé à ce qui subsiste d’humanité en lui. Ni à ce don hérité du Père.











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