Sergio Kokis


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Sergio Kokis est né à Rio de Janeiro en 1944 et vit à Montréal depuis plus de quarante ans. Il a fait de la langue française son outil d’expression littéraire. Oscillant entre deux passions — il est aussi artiste peintre —, Kokis s’est laissé fasciner par la narration et a écrit vingt-trois livres depuis ses débuts comme écrivain en 1994. Parmi ses oeuvres les plus connues, soulignons Le pavillon des miroirs, L’art du maquillage, Le magicien et La gare, qui lui ont valu des prix prestigieux. Plus récemment, Kokis a été finaliste au Prix du Gouverneur général du Conseil des arts du Canada 2013 pour son recueil de nouvelles Culs-de-sac. Nombre de ses livres ont été traduits en plusieurs langues.



Sergio Kokis, L'âme des marionnettes, collection «Réverbération», janvier 2017, 286 p., 30 $. ISBN : 978-2-89763-032-4 (édition papier) • 978-2-89763-033-1 (édition numérique PDF).

«J’avais fait les beaux-arts et un peu de théâtre, mais lorsque j’ai découvert les marionnettes, j’ai été conquise. […]. Je suis amoureuse de leur manière d’être, de leur innocence, de leur docilité par rapport à tous mes désirs. De leur paix intérieure aussi, leur don de s’abandonner entre des mains qui savent jouer et les aimer. […]. Elles ont une vie facile, les poupées, insouciante et sans aucun effort. N’est-ce pas fascinant ?»

Ayant appris que leur ami Leandro Cajal, professeur de philosophie à l’Université McGill et romancier, se prépare à partir pour la Foire du livre de Rio de Janeiro, Ferdinand Morand et son épouse Madeleine l’invitent à souper dans le but de lui demander son aide pour une situation délicate et assez mystérieuse. Depuis des mois, ils sont sans nouvelles de Liette, la jeune soeur bien-aimée de Ferdinand, partie à Rio il y a plus d’un an pour étudier auprès d’un maître marionnettiste. Malgré tous les efforts déployés, leurs démarches pour retrouver Liette ont échoué. Finalement, Léandro accepte d’essayer de la retrouver. Une fois rendu au Brésil, Leandro découvre une Liette qui fait surgir en lui une importante question d’ordre moral : «De quel droit et sur la base de quoi peut-on exhorter les gens à chercher une vie aventureuse et créatrice, dans quelque domaine que ce soit ? Autrement dit : pourquoi la myriade de gens médiocres n’auraient-ils pas le droit d’opter pour une vie sans lustre ni défis, si c’est tout ce dont ils se sentent capables ?»



Sergio Kokis, Un petit livre, roman, collection « Réverbération », janvier 2016, 224 p., 25 $. ISBN : 978-2-89763-000-3 (édition papier) • 978-2-89763-001-0 (édition numérique PDF).

« Je suis ici parce que j’ai lu un petit livre et que je l’ai trouvé inspirant. Un livre défendu par la censure […]. Il s’agit d’un roman, d’un simple roman très court. Mais, à mon avis, plus puissant qu’une bombe ou n’importe quelle arme secrète. »

Le petit livre en question, Nous autres, a été écrit par l’écrivain russe Ievgueni Ivanovitch Zamiatine. Achevé en 1921, le manuscrit est interdit de publication par la censure et l’auteur doit s’exiler à Paris. Il sera publié la première fois en 1924 à l’étranger. L’action de ce roman d’anticipation se déroule dans un futur très éloigné où les citoyens vivent dans une société dirigée par l’État Unique, un État totalitaire qui prétend régir toutes les activités humaines et veiller au bonheur collectif par l’abolition des besoins individuels et la standardisation des vies.

Le personnage central d’Un petit livre, Anton Antonich Setotchkine, est professeur de littérature russe à Moscou. Il n’a rien d’un dissident et les auteurs qu’il enseigne en classe sont soit des classiques, soit des écrivains reconnus et bien cotés par la nomenklatura. Sans qu’il lui ait demandé, une de ses étudiantes lui offre Nous autres en plein début des purges staliniennes au début des années 1930. Il est alors loin de se douter du danger auquel ce cadeau empoisonné va l’exposer.



Kokis, Sergio, Le sortilège des chemins, récit, collection « Réverbération », janvier 2015, 196 p., 25 $. ISBN : 978-2-924186-74-9 (édition papier) • 978-2-924186-75-6 (édition numérique PDF).

« Le récit qui suit puise certains détails dans le journal que Ilse [mon épouse] a tenu tout au long du chemin. À la rigueur, j’aurais pu simplement reproduire ici son récit, tant je le trouve délicieux de vie et de détails. Mais elle ne l’a pas voulu. “Écrire des livres est ton vice, mon chéri, pas le mien”, a-t-elle répondu avec son plus joli sourire. »

Depuis longtemps, Sergio Kokis se conformait à ses passions exigeantes en temps et en efforts : l’écriture et la peinture. Toutefois, il y a dix ans, une forte envie le prend de secouer la routine et de rompre radicalement avec ses habitudes de cabinet de travail et d’atelier. La lecture d’un ouvrage sur les mythiques chemins de Compostelle s’avère une véritable révélation : l’appel du chemin. Il présente le projet à sa compagne de vie qui, ravie, s’exclame immédiatement « Pourquoi pas ? Allez ! Il faut penser à nous entraîner. » Séduits par leur première aventure, les deux amoureux vont alors entreprendre annuellement des voyages de randonnée en Espagne, au Portugal, en Suisse et dans le nord de l’Allemagne.

Cher lecteur, l’auteur te livre ses impressions et ses réflexions afin que tu rompes les amarres et partes sur les chemins de marche qui, quels qu’ils soient, te feront rêver. Et n’oublie pas que le vrai pèlerin marche vers lui-même et que l’aventure se trouve sur le chemin et pas à l’arrivée. Buen camino !



Sergio Kokis, Makarius, roman, collection « Réverbération », janvier 2014, 486 p., 35 $. ISBN : 978-2-924186-40-4 (édition papier) • 978-2-924186-41-1 (édition numérique).

« J’ai tenté de retracer ici la jeunesse, les années de formation et les aventures du mime Makarius Steiner. Il s’agit d’un personnage qui était déjà présent dans les pages de deux de mes romans, Saltimbanques (2000) et Kaléidoscope brisé (2001), où il jouait un rôle majeur. Cette nouvelle mise en scène s’est avérée nécessaire parce que je ne l’avais pas alors exploré dans toute sa profondeur et comme il le méritait. De ce fait, il avait continué à hanter mon esprit et exigeait une reprise de parole. Ce nouveau roman est ainsi un exercice de fouilles archéologiques dans mon propre imaginaire, à la recherche des éléments qui faisaient de lui un personnage aussi fascinant. » (Sergio Kokis)

En racontant la vie du mime Makarius Martijnus Steiner, alias Makar Liechen, né dans une province balte de l’empire de Russie à la fin du XIXe siècle et mort à Rio de Janeiro au milieu des années 1950, Sergio Kokis nous fait vivre d’importants moments de l’Histoire : les horreurs vécues par les soldats allemands lors de la Première Guerre mondiale, les « années folles » à Berlin et à Hambourg, les premiers stalags nazis et la guerre civile espagnole.



Sergio Kokis, Culs-de-sac, nouvelles, collection « Réverbération », janvier 2013, 250 p., 27 $. ISBN : 978-2-924186-12-1 (édition papier) • 978-2-924186-13-8 (édition numérique).

Finaliste au Prix du Gouverneur général 2013 (roman, nouvelles)

Kokis : un conteur fabuleux

« Nous sommes condamnés au doute ; toute tentative de certitude là-dessus est un leurre, une fuite devant l’angoisse. Mieux vaut alors suspendre son jugement et faire semblant que cette vie-ci est la seule, qu’il n’y a pas de deuxième mort. En attendant, il y a le sort de nos semblables : mort et vie, amour, solidarité, souffrance, combat contre l’injustice dans le seul monde que nous pouvons connaître. L’angoisse et le souci, voilà notre condition. Ces sentiments nous rendent plus nobles, ils nous poussent à l’action, ils donnent une valeur morale à la vie. »

De ces longues années pendant lesquelles Sergio Kokis a observé la nature humaine, tant dans la vie qu’en clinique — il a longtemps travaillé comme psychologue —, sont nées ces quinze nouvelles qui racontent l’histoire de personnages arrivant à un point tournant de leur vie. Encore une fois, Kokis prouve qu’il est un conteur fabuleux.



Sergio Kokis, Les amants de l’Alfama, roman, collection « Prise deux », novembre 2012, 202 p., 14 $. ISBN : 978-2-924186-06-0 (édition papier) • 978-2-924186-07-7 (édition numérique).

L’amour et la mort dans le Lisbonne du Fado

« Il arriva presque sans le souffle à cause de la longue course et la demanda. La patronne de la pension de famille Ao Fado Cinzento lui répondit :
— Mlle Matilda est partie ce matin. Avec ses valises, en direction de l’aéroport.
Il se borna à la regarder en silence, visiblement saisi par cette nouvelle mais pas très surpris.
— Sans autre explication, continua la patronne. Elle a réglé sa note et est partie…
— Pas de lettre pour moi ? demanda-t-il d’une voix rauque.
— Non, monsieur Joaquim; elle n’a rien laissé. […]
Il demanda des détails, le regard perdu en direction de la fenêtre.
— Oui, monsieur Joaquim, elle paraissait très bouleversée. Hier soir, je l’ai vue pleurer, et je crois qu’elle a passé une partie de la nuit debout, à fumer. Son cendrier était plein ce matin quand je suis allée faire sa chambre. Sans aucune explication, sinon qu’elle devait partir immédiatement, qu’il le fallait. Que ce n’était pas la peine de lui réserver la chambre pour son retour. […]
Il hésita, comme s’il était contrarié par une idée quelconque qui lui passait par l’esprit, mais garda le silence tout en restant planté là, devant la réception de la pension.
Je repartirai quand tu ne voudras plus de moi. »

« Les amants de l’Alfama est une merveilleuse métaphore sur les choix que l’on fait durant une existence ou que la vie fait pour nous. » (Jean-François Cépeau, Le Canada français)



Sergio Kokis, Le magicien, roman, collection « Prise deux », novembre 2012, 322 p., 17 $. ISBN : 978-2-924186-04-6 (édition papier) • 978-2-924186-05-3 (édition numérique).

Prix Québec-Mexique 2003.

« Asunción, Paraguay, début février 1989. La bataille dure depuis deux jours déjà, avec des dizaines de morts parmi la soldatesque de bas rang. Si le dictateur ne se rend pas de bon gré, il faudra détruire le palais présidentiel, et ce n’est pas ce qui avait été convenu. Alfredo Stroessner est parfaitement au courant de la façon dont tout devait se passer ; l’ambassadeur américain et la haute direction du parti Colorado aussi étaient d’accord. Il sait pourtant que son avenir est scellé, qu’il faut faire de la place au sang neuf et assurer ainsi son propre exil paisible sous la protection des militaires brésiliens. Il s’agit donc de sauver sa propre peau et celle de sa famille, et de s’assurer l’impunité ; mais, surtout, de s’assurer que son incalculable fortune ne fera jamais l’objet d’aucun litige auprès des banques internationales. Que veut-il de plus à soixante-seize ans, après avoir battu le record de longévité dictatoriale, et avec un cancer qui lui ronge les entrailles ? Tout restera pour ainsi dire dans la famille, car le général choisi par Washington pour lui succéder, Andrés Rodriguez, son chef d’état-major et commandant de plusieurs divisions, est son compère. »

« Comment ne pas être emporté par le souffle et la force de l’écriture, la célébration des sens et de l’esprit de cette oeuvre ? » (Suzanne Giguère, La Presse)

« Roman passionnant qui se confond avec la réalité, Le magicien raconte l’histoire “d’un cirque armé et en état de siège”, avec à sa tête le président Alfredo Stroessner, magicien hors pair. Car il n’y a pas plus magicien que celui qui réussit à tuer les gens avant qu’ils ne s’en rendent compte. » (Julie Sergent, Voir)



Sergio Kokis, Le fou de Bosch, roman, collection « Prise deux », mai 2012, 250 p., 16 $, ISBN : 978-2-923844-96-1 (édition papier) • 978-2-923844-97-8 (édition numérique).

Extrait
« Avec une grande pudeur, en voulant que tout cela ne fût qu’une simple illusion, Steiner revint au début du livre pour le regarder respectueusement. Hélas ! il ne se trompait pas. Jérôme Bosch l’avait bel et bien choisi […] pour représenter la figure du Christ sur tous ses mystérieux tableaux. Impossible de continuer à en douter, car non seulement Steiner ressemblait trop au Christ, mais dès les premières images il reconnaissait aussi des gens de son entourage. […] Et ça continuait, image après image, avec la présence révélatrice de gens qu’il avait rencontrés autrefois […]. Ils y étaient tous, tels que Steiner les avait connus et gardés dans sa mémoire, comme si l’oeuvre de ce peintre se voulait un procédé mnémonique fantastique de sa propre existence. […] Même madame Arsenault, sa lubrique concierge, dont les chairs abondantes étaient en train de se faire enfourcher par des démons lascifs et des monstres débauchés. »

La critique
« Dans Le fou de Bosch, Kokis le psychologue s’immisce dans la tête d’un bibliothécaire paranoïaque qui s’imagine traqué par des espions imaginaires. À travers la quête démentielle de ce héros qui se croit représenté dans les tableaux de Jérôme Bosch, Kokis nous révèle peu à peu les événements qui ont construit la folie du personnage. À un rythme parfois déferlant, comme le sont les pensées d’un fou, il dresse un portrait qui donne le vertige. »
Sylvie Saint-Jacques, La Presse

« Le fou de Bosch apparaît comme un nouveau sommet, ou plus précisément un tableau de grand maître. Chapeau ! »
Stanley Péan, Le Libraire

« Réquisitoire pour une paranoïa salvatrice ? Le fou de Bosch reste en tête si bien que, des mois après sa lecture, on continue d’espérer ne jamais rencontrer cet ogre, que ce soit dans le parc Lafontaine ou autour de l’ancienne bibliothèque, rue Sherbrooke. »
Michel Vézina, Ici



Sergio Kokis, L’amour du lointain, récit en marge des textes, collection « Prise deux », mai 2012, 346 p., 18 $, ISBN : 978-2-923844-94-7 (édition papier) • 978-2-923844-95-4 (édition numérique).

Dans L’amour du lointain, Sergio Kokis raconte la genèse des publications de sa première décennie d’écriture et tente de saisir l’énigmatique processus de la création artistique.

Extrait
« À force de m’obstiner à tenter de répondre aux questions laissées en suspens de livre en livre, je me retrouve dix ans plus tard [2003] avec douze livres alignés dans ma bibliothèque et qui m’interpellent chaque fois que je les regarde. Qui en moi les a-t-il écrits, je me demande, le peintre, l’écrivain, l’étranger, l’ancien psychologue, l’amateur de philosophie, le fabulateur impénitent ou le vagabond fatigué de voyager dans l’espace réel ? Je n’en sais rien. [Et] je ne cesse de m’interroger sur l’endroit où se cachaient dans mon esprit toutes les histoires qui peuplent mes romans. »

La critique
« L’amour du lointain fait […] la preuve que rien n’échappe à Kokis des subtilités de la narration et du langage ; il connaît tous les arcanes de la littérature dont il est, sans aucun doute, capable d’analyser les mécanismes et leur fonctionnement. Son “récit en marge des textes” illustre parfaitement son art et l’analyse qu’il en fait de l’intérieur, son génie fou. »
Jean-François Crépeau, Lettres québécoises

« L’amour du lointain est un plaisir à l’état pur. Une réflexion sur l’art, la littérature, l’acte d’écrire et la place que la création occupe dans la vie d’un homme qui choisit de vivre ses passions sans jamais les brider. Véritable expédition dans l’univers de Sergio Kokis, l’équipée est captivante. »
Yvon Paré, Le Progrès-Dimanche

« Au bout du compte, L’amour du lointain est un livre poignant et touffu, dense et passionnant. Un “récit en marge des textes” qui pose des questions pertinentes sur l’exil, la mémoire, l’écriture, l’identité et, bien entendu, le proche et le lointain. »
Yohann Saint-Amour, Accès



Sergio Kokis, Amerika, roman, collection « Réver- bération », février 2012, 270 p., 27 $, ISBN : 978-2-923844-82-4 (édition papier) • 978-2-923844-83-1 (édition numérique) • 978-2-923844-21-3 (édition ePub).

Alléluia ! Amerika !

Au début du XXe siècle, à Lazispils, petite bourgade perdue d’une région de Livonie (Lettonie), le pasteur luthérien Waldemar Salis, désirant améliorer la vie passablement misérable de ses paroissiens, se met à rêver de la mythique Amérique lorsqu’on annonce la venue d’une commission ayant pour mandat de recruter des immigrants pour le Brésil. À ceux qui veulent tenter l’aventure, on offre gratuitement des terres pour les mettre en valeur et on paie le voyage. Salis convainc une partie de ses ouailles de le suivre vers la terre promise et, tout comme Moïse avait délivré son peuple du joug du pharaon, il mènerait le sien en Amérique, loin du joug du tsar, de la langue russe et de la fausse foi. Un beau matin, le petit groupe quitte le village pour aller à Riga prendre le train. Il gagne ensuite Hambourg, où il s’embarque pour le port de Santos. La traversée s’avère des plus éprouvantes pour les voyageurs qui rêvent de trouver enfin le bonheur dans le village de Nova Europa qu’ils fonderont en arrivant dans la région de São Paulo. Mais le rêve tant convoité se révélera un effroyable échec.

Extrait
« Waldemar devint encore plus mélancolique après cette mort qui frappait au coeur de sa colonie de rêves. La prostration de la jeune Natalija et la menace d’autres victimes possibles l’amenaient maintenant à se demander s’il ne s’était pas trompé de prophétie ou s’il n’était pas en train de subir un châtiment exemplaire pour sa vanité de s’être cru un meneur d’hommes. Il oublia alors définitivement la terre promise pour se concentrer sur les horreurs de l’Apocalypse, desquelles il se disait qu’il n’aurait jamais dû s’éloigner. Il continua cependant son travail avec plus d’acharnement, cherchant désormais plutôt à se mortifier. »



Sergio Kokis, Saltimbanques suivi de Kaléidoscope brisé, romans, collection « Prise deux », novembre 2011, 796 p., 30 $, ISBN : 978-2-923844-74-9 (édition papier) • 978-2-923844-75-6 (édition numérique).

L’odyssée du Grand Circus Alberti en Amérique du Sud

Dans cette fresque épique, Sergio Kokis met en scène la troupe du Grand Circus Alberti qui quitte l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour commencer une nouvelle vie, tenter sa chance en Amérique du Sud. Les saltimbanques vont du rêve au désenchantement, puis connaissent la misère et l’errance.

Extrait
« Le campement des forains se réveille de très bonne heure, lorsqu’il fait encore noir. La vie des artistes ne s’arrête jamais, ils oeuvrent par peur de la mort, pour combattre le vide dans l’illusion que la vie existe vraiment et qu’elle vaut la peine d’être vécue. Le cirque est un organisme où chacun remplit des fonctions multiples, dans une sorte d’immense métabolisme grouillant qui n’a d’égal que la vanité des hommes. Certains d’entre eux sont des bêtes de la lumière, d’autres sont des oiseaux de l’ombre ; et ils sont accompagnés d’hommes et de femmes à tout faire, opiniâtres et confiants, qui travaillent pour joindre le matin et la nuit, la clarté et les ténèbres, de façon que la vie ne cesse pas de couler un seul instant vers le prochain spectacle. »



Sergio Kokis, L’art du maquillage, roman, collection « Prise deux », avril 2011, 366 p.,18 $, ISBN : 978-2-923844-57-2 (édition papier) • 978-2-923844-58-9 (édition numérique) • 978-2-923844-59-6 (édition ePub).

Grand Prix des lectrices de Elle Québec 1998.

L’art du maquillage
Dissimulation, masque, fuite, tricherie, séduction, apparence


« On peut tricher, mais certaines tricheries sont dangereuses. » (Sergio Kokis) Max Willem, talentueux jeune peintre figuratif montréalais, passionné d’anatomie, nage à contre-courant de la tendance dominante au tournant des années soixante-dix : l’art abstrait. Le besoin d’argent, entre autres pour financer son séjour dans une école newyorkaise, l’amène à faire ses premiers faux qu’il vend avec succès, des Marc-Aurèle Fortin et des René Richard. Par la suite, il exécutera toute une série de Egon Schiele. Recruté par le méphistophélique Sammy Rosenberg, collectionneur de tableaux et patron d’une « entreprise » de contrefaçon aux ramifications internationales, Max part s’installer à Anvers — espérant amasser assez d’argent pour enfin, un jour, faire sa propre peinture — où il travaille avec maître Guderius et devient un faussaire de haut calibre. Toutefois, il ne tarde pas à réaliser qu’il a mis le doigt dans un engrenage dont il aura peine à s’extirper. « Pourquoi ne me suis-je pas méfié ? Cette question ne cesse de me hanter depuis que j’ai tout découvert. »

Extrait
« J’ai amplement le temps de réfléchir, mais je ne sais pas par où commencer. Son conseil de continuer à copier les maîtres anciens, à la recherche de leur secret englouti, ne m’est d’aucun secours. J’évite même de regarder les reproductions dans les livres d’art, car j’ai peur de me perdre davantage. De toute façon, je peux imiter à merveille et sans aucun effort les maîtres que j’admire. Mon problème serait plutôt celui de me retrouver moi-même, le Max Willem d’autrefois, celui du temps d’avant les contrefaçons et les mensonges. »



Sergio Kokis, Clandestino, roman, collection « Réverbération », mars 2011, 258 p., 25 $, ISBN : 978-2-923844-33-6 (édition papier)• 978-2-923844-34-3 (édition numérique).

Clandestino
Vengeance à Buenos Aires : un thriller signé Sergio Kokis


Tomás Sorge (alias José Capa), ex-sergent de l’armée, est condamné à six ans de travaux forcés à la prison de l’ancienne base navale d’Ushuaia dans la province de la Terre de Feu à l’extrême sud de la République d’Argentine. Il avait forcé le coffre-fort d’un sénateur, pour récupérer des papiers compromettants, sous les ordres de son supérieur immédiat le capitaine Marquez qui témoigna contre lui lors de son procès afin de sauver sa peau. Les forces armées se sont donné des organismes paramilitaires pour préserver la paix et la démocratie, lutter contre les terroristes et pour mieux contrôler le gouvernement civil. À sa libération en 1983, Tomás Sorge est recruté par les militaires pour assurer la protection de personnages importants afin de sauvegarder la sécurité nationale. Il est affecté à la sécurité du capitaine Marquez devenu un avocat puissant et collaborateur des militaires.
Clandestino est le roman d’une vengeance avec comme toile de fond la racaille politique et militaire en Argentine après la guerre des îles Malouines. La vengeance, comme chacun le sait, est un plat qui se mange froid.

Extrait
« Il faisait très chaud à Buenos Aires en cette fin du mois de décembre. Tomás se sentait mélancolique devant la perspective de passer les fêtes tout seul, car les opérations clandestines seraient interrompues pendant cette période. Chino comptait aller à Rosário retrouver sa fiancée et Ricardo songeait à chercher la trace de son épouse partie en Uruguay. Tomás avait beau se concentrer sur ses exercices d’échecs et sur la trilogie de Knut Hamsun, les journées lui paraissaient de plus en plus longues, sans signes de changement. Même l’idée saugrenue d’aller rendre visite à Carla lui avait passé par la tête, comme une solution provisoire à son spleen. L’absence de projets à long terme l’agaçait. C’était comme s’il était au milieu d’une partie d’échecs trop stéréotypée, constituée uniquement d’ouvertures et de défenses classiques, sans trop savoir comment forcer le centre pour ouvrir des brèches et commencer à déployer ses pièces de façon originale. Il savait pertinemment que ses services pour les militaires allaient finir un jour. »



Sergio Kokis, Dissimulations, nouvelles, collection « Réverbération », septembre 2010, 240 p., 25 $, ISBN: 978-2-923844-00-8 (édition papier) • 978-2-923844-13-8 (édition numérique).

Le retour de Sergio Kokis
Après deux ans d’absence, Kokis revient en force avec un recueil de nouvelles.


« On sait que les thèmes de prédilection de Sergio Kokis — l’errance, l’exil, la mélancolie — ont donné lieu jusqu’à maintenant à des sommes narratives imposantes, propices à l’analyse psychologique et philosophique, comme dans Errances ou, plus récemment, dans Le retour de Lorenzo Sánchez. Avec la nouvelle, l’écriture de Kokis gagne en concision. Nous découvrons, dans son recueil, un style moins introspectif ainsi que des personnages riches et complexes campés dans des histoires captivantes et originales. Le Brésil et l’Amérique latine y sont encore les lieux de mille et une fabulations ; le Nord, le lieu de la maturité, de l’expérience et, parfois, de la déception. D’une certaine manière, Dissimulations fait la synthèse de l’oeuvre littéraire de Kokis. Le recueil est structuré selon la même division que celle des romans : entre le passé et le présent en lien avec l’exil. À l’exception qu’ici, l’errance existentielle est fragmentée en quinze nouvelles et disséminée dans plusieurs personnages et actions. Cela change bien sûr la perspective, qui est pour ainsi dire décentrée. La prose, elle, est tout aussi truculente. » (Extrait de la présentation d'un entretien avec Nicolas Tremblay paru dans XYZ. La revue de la nouvelle en novembre 2010)

Extrait
« Ces étagères ont été conçues pour abriter les œuvres des écrivains qui m’ont fasciné. À quelques très rares exceptions, des écrivains qui sont mes concitoyens. Ceux de mon temps aussi bien que ceux du passé. Je connais personnellement la plupart d’entre eux et je sais qu’ils m’admirent et qu’ils me sont reconnaissants. Comme vous pouvez le constater, cette collection n’est pas très nombreuse. Mais elle est parfaite. La perfection ne se laisse jamais confondre avec la profusion, bien sûr. Pour chaque écrivain, je possède les œuvres complètes, toujours les premières éditions. Je les fais relier en cuir pour que le texte précieux se trouve enveloppé dans un écrin correspondant à sa valeur. C’est ma manière de rendre hommage aux livres qui méritent de passer à la postérité. Dans un monde comme le nôtre où l’on publie n’importe quoi, avouez-le, c’est un travail digne d’un ascète. Un travail indispensable à la culture, celui de la préservation et de la transmission des œuvres essentielles. »



Sergio Kokis, Errances, roman, collection « Prise deux », février 2011, 482 p., 20 $, ISBN: 978-2-923844-48-0 (édition papier) • 978-2-923844-49-7 (édition numérique).

Un retour aux sources difficile

Boris Nikto, poète brésilien exilé vivant en RDA, assiste à une soirée à la maison des écrivains de Berlin-Est où il apprend du consul la nouvelle amnistie : le gouvernement a changé, les militaires retournent dans leurs casernes et bientôt, il y aura des élections libres. Le consul invite Boris à rentrer au pays. Après vingtans d’exil, le retour à Rio est cependant difficile : la situation au Brésil est loin de s’être améliorée, les militaires le recherchent pour le liquider et des amis retrouvés l’aident à fuir encore une fois sa patrie.
Un roman captivant avec des réflexions métaphysiques très pertinentes sur la création artistique : art poétique et art pictural.

Extrait
« Avril 1964. Le jeune lieutenant Boris Nikto, étudiant en mathématiques à l’université et militant communiste, est en fuite. Il est dans un petit autobus en compagnie de trois de ses camarades gradés et de sept soldats. Le capitaine est blessé à la jambe, mais ne saigne plus ; le pansement qu’on lui a fait il y a quelques heures a suffi. Ils se sont dépouillés de leurs uniformes depuis longtemps et portent des vêtements civils dépareillés, trouvés au hasard de la fuite. Les armes et les munitions sont cachées sous les banquettes. Ils roulent depuis des heures, depuis le début de la soirée, et le soleil est déjà bien haut dans le ciel. La chaleur est accablante mais ils ne peuvent pas s’arrêter. […] Si l’on se fie aux nouvelles qui filtrent par la radio entre deux marches militaires, le coup d’État est couronné de succès. »



Sergio Kokis, La gare, roman, collection « Prise deux », novembre 2010, 200 p., 14 $, ISBN : 978-2-923844-08-4 (édition papier) • 978-2-923844-18-3 (édition numérique).

Prix France-Québec 2006, prix des lecteurs

Cauchemar ou renaissance ?
Les réflexions de Kokis sur la condition humaine captivent le lecteur — comme toujours — tout au long de ce récit plein de suspense flirtant avec le roman policier.


Un train dévié de la ligne principale en raison d’un éboulement fait un arrêt, sans que l’on sache pourquoi, à la gare désaffectée d’un bled perdu dans la steppe. Adrian descend du train pour acheter du tabac et aller aux toilettes ; quand il en ressort, le train est parti et il est seul sur le quai. Peu à peu il réalise qu’il ne pourra pas repartir et qu’il est captif de ce village isolé, lugubre, misérable, dont les quelques habitants sont bizarres et douteux.

Extrait
« Je me demande ce qu’un train comme le vôtre faisait là, et cela m’inquiète […]. Mais avec les trains, des étrangers peuvent venir troubler notre paix à Voksal.
[…]
Je me suis trompé de place pour un petit moment, mais je sais que c’est passager. Une fois ressorti de ce trou, je serai toujours Adrian Traum, ingénieur dans l’usine de mon beau-père à S., et ce cauchemar aura cessé. Je ne penserai plus jamais aux pauvres culs-terreux de cette bourgade en ruine.
[…]
Une gare, dit le vieux, est un lieu de passage. […] Sauf pour un cheminot comme moi, il ne viendrait à l’esprit de personne d’habiter une gare. Le cheminot lui-même y est de passage, puisque son travail est de voyager et de garder ouvertes les voies pour d’autres voyageurs. Souvenez-vous du batelier qui emmène les âmes des morts dans le fleuve de l’oubli. Le cheminot est une sorte de passeur comme lui, toujours en mouvement pour garder le flux des existences en errance. »



Sergio Kokis, Le maître de jeu, roman, collection « Prise deux », mai 2011, 292 p.,16 $, ISBN : 978-2-923844-60-2 (édition papier) • 978-2-923844-61-9 (édition numérique).

Scotch, thé, cornichons, cigarettes et Dieu
Dans ce roman-essai, Sergio Kokis traite avec un humour grinçant un sujet grave où la souffrance humaine est parfois exposée jusqu’à la limite du supportable.


Comment réagiriez-vous si vous rencontriez le Tout-Puissant incarné ? C’est le surprenant destin d’Ivan Serov, jeune théologien sceptique qui, à plusieurs reprises, reçoit chez lui Dieu en personne pour de nocturnes échanges enfumés — agrémentés de scotch, thé et cornichons — portant sur des questions d’ordre éthique, moral… existentiel. « […] Le maître de jeu jongle, de façon tout à la fois sérieuse et merveilleusement irrévérencieuse, aussi bien avec la Bible et les textes de philosophie antique et moderne qu’avec diverses sources littéraires parmi lesquelles l’oeuvre romanesque de Dostoïevski tient une place de choix. » Eva Le Grand, Spirale.

Extrait
« Bien, j’étais en train de créer le monde. C’est ça. J’avais donc la fantaisie d’avoir à ma disposition une sorte de théâtre qui se déroulerait sans mon intervention, et où j’aurais le loisir de m’immiscer comme une simple créature, pour m’amuser, déguisé en objet de la contingence. Ça me changerait de l’éternité. Quelque chose comme une gigantesque fourmilière que je ne me lasserais pas de regarder, dans laquelle je ne me lasserais pas de me plonger, car elle ne serait pas prévisible. Voilà la difficulté : l’imprévisibilité, la nouveauté. Il faudrait que je la crée, cette réalité, mais qu’elle puisse me ravir lorsque je la découvrirais chaque jour […]. Ceci constitue l’essence du jeu : on connaît les règles, on sait comment jouer, mais on ne s’en lasse pas, car les règles ne déterminent pas absolument ni les pièces ni le mouvement singulier de chaque pièce. »



Sergio Kokis, Negão et Doralice, roman, collection « Prise deux », février 2011, 184 p., 14 $, ISBN: 978-2-923844-45-9 (édition papier) • 978-2-923844-46-6 (édition numérique).

Une histoire d’amour entre un petit malfrat et une belle prostituée dans une favela de Rio de Janeiro

Negão, un jeune malfrat mulâtre et sculptural d’une favela, rencontre Doralice, une jeune prostituée rouquine et mignonne, dans un bordel de Rio de Janeiro. Ils vivront une histoire d’amour passionnée, mais un chef de police corrompu fréquentant le même bordel et la même prostituée mettra fin à cette sublime histoire mythique. S’ensuivront des aventures trépidantes, des meurtres crapuleux, des poursuites policières et finalement, la vengeance. Un merveilleux roman d’amour et de tendresse amoureuse, exaltant, dans un bidonville brésilien tumultueux.

Extrait
« Negão se dirige de nouveau vers le haut, comme s’il participait aussi à la battue, de son pas marin, sans se cacher, en remontant les sentiers la mitraillette sous le bras. Il fait un signe de la main aux hommes armés, en leur indiquant l’impasse qu’ils croyaient vide. Ceux-ci se protègent d’un ennemi invisible, se retournent en suivant sa consigne pour cribler de balles les cabanes de ce côté. Et ils tombent un à un, non sans avoir blessé d’autres policiers qui leur faisaient face. La confusion est générale, la meute se mord elle-même au milieu des cris et des imprécations pendant que la proie s’éclipse.
Toujours en remontant, Negão profite du brouhaha pour s’approcher d’un autre petit détachement. La lueur de leurs cigarettes est une cible parfaite. D’une rafale, il les fauche encore à la hauteur de la poitrine pour disparaître de nouveau. »



Sergio Kokis, Le pavillon des miroirs, roman, collection « Prise deux », septembre 2010, 352 p., 17 $, ISBN : 978-2-923844-06-0 (édition papier) • 978-2-923844-14-5 (édition numérique) • 978-2-923844-24-4 (édition ePub).

Grand Prix du livre de Montréal 1994

Prix de l’Académie des lettres du Québec 1994

Prix Québec-Paris 1994

Prix Desjardins du Salon du livre de Québec 1995


Un roman puissant !
La réédition du premier grand roman de Kokis récompensé par quatre prix littéraires et acclamé par la critique et les lecteurs.


Sergio Kokis a connu une enfance tumultueuse au point d’être placé en maison de redressement pour cause de vagabondage. Malgré tout, il poursuit ses études, fréquente les Beaux-Arts, se prépare même aux examens d’entrée en médecine. Militant de gauche, il est arrêté. L’État militaire l’accuse de « crimes contre la sécurité nationale ». Il s’enfuit du Brésil et se rend en France. De là, il pose sa candidature à un poste de psychologue à l’Hôpital psychiatrique de Gaspé ; il y demeure quelque temps, puis s’établit à Montréal où il fait un doctorat en psychologie et travaille à l’Hôpital Sainte-Justine.
Dans Le pavillon des miroirs, Kokis raconte son enfance et sa jeunesse vécues dans un quartier défavorisé, mais combien haut en couleur, de Rio de Janeiro, et sa vie d’immigré, d’exilé au Québec. Un récit puissant écrit par un grand romancier.

Extrait
« Je suis encore petit. Lili aime se frotter contre moi l’après-midi quand on fait la sieste. Elle ôte ses culottes qui sentent fort en disant que c’est parce que le bébé a fait pipi dessus. C’est bon et irritant à la fois ; je me laisse faire sans protester. Je la trouve jolie, ma petite tante, surtout lorsqu’elle ne se fâche pas, qu’elle soupire et me serre entre ses jambes moites. La chaleur de la chambre fermée et une fatigue étrange me poussent vers le sommeil. Ça sent le bébé qui dort, la sueur et les culottes de Lili. Lorsque je me réveille, qu’elle n’est plus là, je ne me souviens de rien. Seules les odeurs persistent, mélangées à celle de la moisissure qui envahit les murs. Le soleil frappe de biais les battants fermés des jalousies et tisse des raies brillantes de poussière dans la pénombre humide. Très forte envie de pisser. Le même jeu se répète presque tous les jours ; ensuite je me lève las, paresseux. »



Sergio Kokis, Le retour de Lorenzo Sánchez, roman, collection « Prise deux », novembre 2010, 392 p., 18 $, ISBN : 978-2-923844-09-1 (édition papier) • 978-2-923844-19-0 (édition numérique).

Un retour au pays natal
Le retour est brutal : la découverte de terribles secrets de famille au cours de ce voyage dans le passé sera une douloureuse descente vers la vérité.


Ayant pris sa retraite parce que son poste de professeur de dessin anatomique aux Beaux-Arts a été aboli, Lorenzo Sánchez, peintre d’origine chilienne vivant au Québec depuis trente ans, reçoit un appel de son frère, avec qui il est sans contact depuis des décennies, l’informant qu’il a hérité de la maison de vacances de la famille. L’occasion est belle pour renouer avec les siens et revoir la terre natale après tant d’années d’exil : Lorenzo part donc pour le Chili. Le retour au pays est brutal : la découverte de terribles secrets de famille au cours de ce voyage dans le passé sera une douloureuse descente vers la vérité.

Extrait
« Curieux, mon vieux… Toute cette agitation, comme s’il s’agissait vraiment d’un voyage distinct de ceux du passé. Tu es déjà parti tant de fois, pour des mois entiers, et cela te paraissait alors bien plus simple. Qu’est-ce que ce voyage-ci a de si différent des autres pour te laisser dans cet état d’agitation ? Serait-ce que tu ne comptes pas revenir ici ? Attention, vieux, souviens-toi des paroles d’Isidore et mets un frein à tes attentes pour ne pas te casser la figure. Ce n’est qu’une visite touristique, tu y vas en étranger tout en gardant intacte ta vie d’ici. Oublie pour le moment tes fantaisies d’incendie libérateur, car tu ignores ce que tu retrouveras là-bas. Ne brûle pas tes bateaux, puisque tu auras peut-être envie de revenir plus vite que tu ne le penses. Dans la vie, Lorenzo, il suffit d’un seul exil ; tu as déjà passé l’âge des retrouvailles avec Calypso ou avec Pénélope. »



Sergio Kokis, Un sourire blindé, roman, collection « Prise deux », septembre 2010, 256 p., 15 $, ISBN : 978-2-923844-02-2 (édition papier) • 978-2-923844-11-4 (édition numérique).

Un réquisitoire
Difficile d’aider un enfant à s’adapter à une nouvelle vie en exil quand il est placé dans des familles d’accueil.


Pendant de nombreuses années, Sergio Kokis a travaillé à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal comme psychologue. De la vaste expérience acquise par la fréquentation d’enfants immigrés est né ce roman qui raconte l’histoire de Conrado et de sa mère qui ont quitté l’Amérique du Sud pour le Québec. Cette histoire, c’est aussi celle de plusieurs enfants, placés dans des familles d’accueil, qui subissent des mauvais traitements qui rendent difficile l’adaptation à leur nouvelle vie en terre étrangère.
Ce livre est un réquisitoire contre la politique québécoise de la famille, que Kokis qualifie de « politique inopérante ».

Extrait
« Il était une fois un petit garçon appelé Conrado. Un beau jour, devant la confusion du monde, il cessa de parler. Au début, soulagé, il ne savait pas encore très bien ce qu’il faisait. Puis, trouvant la situation confortable, il prit la décision de ne plus rien dire, de ne plus jamais parler de sa vie. Il devenait alors, de son plein gré, ce qu’il avait toujours été, un spectateur. La vie était l’affaire des autres, entrecoupée d’images publicitaires et de changements brusques de sens. Lorsqu’elle devenait insupportable, il lui suffisait de fermer les yeux comme on ferme la télévision. »








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