Le pavillon des miroirs


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Sergio Kokis, Le pavillon des miroirs, roman, collection « Prise deux », septembre 2010, 352 p., 17 $, ISBN : 978-2-923844-06-0 (édition papier) • 978-2-923844-14-5 (édition numérique) • 978-2-923844-24-4 (édition ePub).

Grand Prix du livre de Montréal 1994

Prix de l’Académie des lettres du Québec 1994

Prix Québec-Paris 1994

Prix Desjardins du Salon du livre de Québec 1995


Un roman puissant !
La réédition du premier grand roman de Kokis récompensé par quatre prix littéraires et acclamé par la critique et les lecteurs.


Sergio Kokis a connu une enfance tumultueuse au point d’être placé en maison de redressement pour cause de vagabondage. Malgré tout, il poursuit ses études, fréquente les Beaux-Arts, se prépare même aux examens d’entrée en médecine. Militant de gauche, il est arrêté. L’État militaire l’accuse de « crimes contre la sécurité nationale ». Il s’enfuit du Brésil et se rend en France. De là, il pose sa candidature à un poste de psychologue à l’Hôpital psychiatrique de Gaspé ; il y demeure quelque temps, puis s’établit à Montréal où il fait un doctorat en psychologie et travaille à l’Hôpital Sainte-Justine.
Dans Le pavillon des miroirs, Kokis raconte son enfance et sa jeunesse vécues dans un quartier défavorisé, mais combien haut en couleur, de Rio de Janeiro, et sa vie d’immigré, d’exilé au Québec. Un récit puissant écrit par un grand romancier.

Extrait
« Je suis encore petit. Lili aime se frotter contre moi l’après-midi quand on fait la sieste. Elle ôte ses culottes qui sentent fort en disant que c’est parce que le bébé a fait pipi dessus. C’est bon et irritant à la fois ; je me laisse faire sans protester. Je la trouve jolie, ma petite tante, surtout lorsqu’elle ne se fâche pas, qu’elle soupire et me serre entre ses jambes moites. La chaleur de la chambre fermée et une fatigue étrange me poussent vers le sommeil. Ça sent le bébé qui dort, la sueur et les culottes de Lili. Lorsque je me réveille, qu’elle n’est plus là, je ne me souviens de rien. Seules les odeurs persistent, mélangées à celle de la moisissure qui envahit les murs. Le soleil frappe de biais les battants fermés des jalousies et tisse des raies brillantes de poussière dans la pénombre humide. Très forte envie de pisser. Le même jeu se répète presque tous les jours ; ensuite je me lève las, paresseux. »

Sergio Kokis est né à Rio de Janeiro en 1944 et vit à Montréal depuis plus de quarante ans. Il a fait de la langue française son outil d’expression littéraire. Oscillant entre deux passions — il est aussi artiste peintre —, Kokis s’est laissé fasciner par la narration et a écrit vingt-quatre livres depuis ses débuts comme écrivain en 1994. Parmi ses œuvres les plus connues, soulignons Le pavillon des miroirs, L’art du maquillage, Le magicien et La gare, qui lui ont valu des prix prestigieux. Plus récemment, Kokis a été finaliste au Prix du Gouverneur général du Conseil des arts du Canada 2013 pour son recueil de nouvelles Culs-de-sac. Nombre de ses livres ont été traduits en plusieurs langues.








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