Nicolas Tremblay


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Nicolas Tremblay est professeur de littérature au collège Lionel-Groulx et directeur de la rédaction d’XYZ. La revue de la nouvelle. Il est l’auteur d’un recueil de nouvelles, L’esprit en boîte, ainsi que de trois romans, Une estafette chez Artaud, L’invention de Louis et La mémoire du papier.







Nicolas Tremblay, La mémoire du papier, roman, collection « Réverbération », août 2016, 192 p., 25 $. ISBN : 978-2-89763-028-7 (édition papier) • 978-2-89763-029-4 (édition numérique PDF).

Cantonville ressemble aux nombreuses villes industrielles du Québec qui ont prospéré grâce au bois et au papier. Comme elles, Cantonville voit son déclin commencer au moment où la province se tourne vers l’économie du savoir, séduite par les promesses du néolibéralisme et de la mondialisation.

La papeterie de William Cooke a grandement contribué à l’essor de Cantonville. Mais le chômage guette maintenant ses ouvriers peu adaptés aux paradigmes du monde naissant. Philippe, contremaître militant pour son syndicat, anticipe même le pire pour ses camarades, surtout depuis la mort accidentelle d’un travailleur qu’il interprète comme un très mauvais présage.

Les événements se compliquent avec la venue de Louis Humbert, chargé de cours à l’université régionale et ex-collègue de Marie, professeure-chercheuse et épouse de Philippe décédée dans un tragique accident. Le savant propose de remplacer la gigantesque machine à papier par son invention futuriste qui nécessite le support d’une surface virtuelle. À peine remis du deuil de sa femme, Philippe se trouve impliqué dans cette tractation aux conséquences insoupçonnées ; il hésitera entre l’espoir et la terreur.

Roman social aux frontières du fantastique et de la science-fiction, cette histoire ouvrière dans laquelle se dessine l’avenir se passe à une époque où les consommateurs américains achetaient encore des vidéocassettes.



Nicolas Tremblay, L’invention de Louis, roman d’anticipation, collection « Réverbération », mars 2013, 222 p., 25 $. ISBN : 978-2-924186-18-3 (édition papier) • 978-2-924186-19-0 (édition numérique PDF).

L’auteur d’Une estafette chez Artaud, salué par la critique, nous revient avec un roman d’anticipation tout aussi original qui rend hommage à l’écrivain Louis-Philippe Hébert.

Au moment où la révolution numérique n’a pas encore eu lieu, Louis Philippe ne s’imagine pas qu’en prolongeant l’usage de sa machine à écrire dans l’espace virtuel il créera une brèche dans l’Univers. On connaît Louis Philippe dans le milieu littéraire pour être l’auteur prophétique de La manufacture de machines. Mais ce sont plutôt ses inventions qui, avant le premier référendum, attirent l’attention de Bill Guterbenger, grand patron d’IBM. Le temps passe un peu et, alors qu’il trouve un emploi à la prestigieuse Société Radio-Canada, il découvre l’existence d’un monde parallèle inquiétant. Hallucine-t-il ou l’auguste Tour serait-elle infiltrée par une horde de robots humanoïdes ? Est-il la proie d’une crainte paranoïaque ou le potentat américain l’espionne-t-il réellement, lui et sa province, à l’aide de technologies hyperdéveloppées ?

Ce roman aux nombreuses ramifications s’inscrit dans la veine des oeuvres d’anticipation comme 1984. Sauf que L’invention de Louis n’envisage pas l’avenir rapproché mais plutôt, à rebours, la genèse du XXIe siècle. Car il n’est plus possible d’imaginer le futur de nos jours ; il est déjà advenu.



Nicolas Tremblay, Une estafette chez Artaud, autogenèse littéraire, collection « Réverbération », janvier 2012, 218 p., 25 $, ISBN : 978-2-923844-80-0 (édition papier) • 978-2-923844-81-7 (édition numérique) • 978-2-923844-28-2 (édition ePub).

Boxe, identité sexuelle, Artaud, usurpation

Une estafette, dans le monde de la boxe olympique, est le messager chargé de transmettre le résultat d’un combat à l’annonceur. Ce rôle avait incombé à Nicolas Tremblay dans sa prime adolescence, au moment où son identité sexuelle était encore ambiguë, telle celle du jeune empereur romain décadent Héliogabale. Mais qu’arrive-t-il lorsque le messager, alter ego de l’auteur, est un pasticheur qui se croit le créateur du message qu’il devait livrer ? Une histoire d’usurpation commence.
Ce roman raconte donc une traîtrise. Mais pas n’importe laquelle, car l’estafette a lu Antonin Artaud, auteur du célèbre Le théâtre et son double, poète fou et génial qui a été interné dans des asiles psychiatriques où il a subi de nombreux électrochocs. Au Québec, les descendants de l’estafette sont persuadés qu’Artaud, c’est Nicolas Tremblay, une sorte d’élu aux violentes prophéties.
Une estafette chez Artaud est un ouvrage qui mélange les genres littéraires, une autofiction pathétique qui intègre une biographie condensée d’Artaud ainsi qu’une présentation de son mythe. On y trouve une prose enlevante à laquelle s’ajoutent, ici et là, de la poésie et même du théâtre. Le roman est illustré par le peintre et écrivain Sergio Kokis.



Nicolas Tremblay, L’esprit en boîte, nouvelles, collection « Réverbération », 2010, 168 p., 23 $, ISBN : 978-2-923844-01-5 (édition papier) • 978-2-923844-10-7 (édition numérique).

Un monde dépoétisé
« En fait, ce livre, comme le dirait William Marx, est un adieu à la littérature. » Surprenant de la part d’un jeune auteur dont c’est la première publication.


Ce recueil propose une série de fabulations où le lecteur contemporain se sentira comme chez lui. Il aura même un sentiment de déjà-vu. Comme s’il entendait un air familier joué par les trompettes de l’Apocalypse, laquelle annoncerait sa propre fin depuis un ciel dépoétisé.
Quant aux personnages, ils ont de la difficulté à distinguer la réalité du monde virtuel. Certains vont même jusqu’à épouser de façon érotique leur téléviseur. L’image en boîte les vampirise au point qu’ils ne la perçoivent plus comme un phénomène étranger. On a enfermé leur esprit dans l’oeil de la caméra, conscience divine que l’écrivain du XXIᵉ siècle naissant jalouse secrètement.
En fait, ce livre, comme le dirait William Marx, est un adieu à la littérature.

Extrait
« Là, je pris panique, criai fort son nom dans ses oreilles, “Nicolas, Nicolas”, tout en le secouant, et, d’un geste brusque, je voulus arracher le fil du téléviseur de son cou mais il restait fiché bien là par ses embouts comme pris dans le roc […]. La réceptionniste de Vidéotron, que j’obtins au téléphone, me confirma qu’un technicien serait à la maison le lendemain après-midi. En attendant, elle me conseilla de ne pas débrancher mon mari ni le câble, car il y aurait risque de provoquer une hémorragie. »











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