Stéphane Vachon


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Professeur au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal, STÉPHANE VACHON a publié en 1992 Les Travaux et les Jours d’Honoré de Balzac (Presses du CNRS/PUV). Il a, depuis, dirigé, codirigé ou copublié La Recherche littéraire (XYZ/PUV, 1993 ; nouv. éd. augmentée, 1998), Itinéraires du dix-neuvième siècle I (Centre d’études romantiques Joseph Sablé, 1996), Balzac. Une poétique du roman (XYZ/PUV, 1996), Le Portatif d’histoire littéraire (UdeM, 1998), Itinéraires du dix-neuvième siècle II (Centre d’études romantiques Joseph Sablé, 2001), Réflexions sur l’autoréflexivité balzacienne (Centre d’études romantiques Joseph Sablé, 2002). Auteur d’un Balzac dans la collection « Mémoire de la critique » (PUPS, 1999), de Le Dernier Balzac (Du Lérot, 2001), de Les Rivalités d’Honoré de Balzac. Analyses et documents (Société des Amis de Balzac, 2007) et de 1850. Tombeau d’Honoré de Balzac (XYZ/PUV, 2007), préfacier de l’édition fac-similé du manuscrit d’Illusions perdues. Les Deux Poètes (Verdier, 2010), il a en outre donné au Livre de poche des éditions du Colonel Chabert (1994), du Père Goriot (1995), des Rivalités. La Vieille Fille, Le Cabinet des Antiques (2006) dans la collection « Classiques de poche », et les Écrits sur le roman de Balzac dans la collection « Références » (2000).



Roland Chollet et Stéphane Vachon, À l’écoute du jeune Balzac. L’écho des premières œuvres publiées (1822-1829), textes présentés par Roland Chollet avec la collaboration de Stéphane Vachon, réunis et annotés par Stéphane Vachon avec la collaboration de Roland Chollet, coédition avec les Presses Universitaires de Vincennes, collection « Réflexion », août 2012, 688 p., 60 $. ISBN : 978-2-923844-39-8 (édition papier) • 978-2-923844-40-4 (édition numérique) • 978-2-923844-84-8 (édition ePub).

Le « jeune Balzac », celui que l’on appelle parfois de façon commode « Balzac avant Balzac », est une fiction en quête d’auteur, et l’on est tenté de se demander si ce Balzac a jamais existé. En 1819, au sortir de l’adolescence, il n’est qu’un petit clerc d’avoué, en rupture de basoche, qui prend acte de deux fatalités modernes incontestablement révolutionnaires : le roi est mort, notre âme n’est plus immortelle. Ce seront les thèmes de ses deux premières œuvres (Cromwell et le Discours sur l’immortalité de l’âme). L’ambition du débutant s’érige sur ce vide prometteur. Comment le « jeune Balzac », dépassant ce solipsisme initial, en est-il venu à écrire Le Dernier Chouan, prélude à La Comédie humaine ? Nous avons réuni tous les documents susceptibles d’éclairer cette improbable et tardive mutation qui demanda dix ans.
Ces années cruciales, détaillées ici, ne forment pas, dans la carrière de Balzac, une séquence régie par les contraintes chronologiques d’un avant et d’un après. Ceci est important. Nous n’avons pas affaire à une « tranche de vie », à un « épisode » biographique, au récit d’une crise morale, mais à un drame dans un drame — drame humain et littéraire au sein du drame historique et social —, à un récit concentrique délimité par deux dates. La première est la mort de Louis XVI ; la seconde, en 1829, la mort du père de Balzac, qui coïncide avec la publication du Dernier Chouan et avec l’adoption par Honoré de son patronyme, solennel avènement d’un nouveau règne balzacien.








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